GNB
Archives provinciales du Nouveau-Brunswick

   L'historien Desmond Morton nous rappelle que "les guerres sont des phénomènes collectifs[et que] les masses sont composées d'individus dont chacun répond à des motivations et connaît des joies, des peurs et des tragédies qui lui sont propres". Mais comment peut-on vraiment mesurer l'impact de la guerre sur la société? En considérant le nombre d'hommes et de femmes qui se portent volontaires pour le service militaire? En constatant la pression croissante qu'elle exerce sur les ressources personnelles et collectives? En examinant les décisions politiques lourdes de conséquences souvent prises au nom de la nécessité militaire? Lorsque la guerre est déclarée le 4 août 1914, peu de Néo-Brunswickois se doutent que ces questions et bien d'autres finiront par dominer pratiquement tous les aspects de leur vie. Au contraire, l'enrôlement de 1134 hommes de la province dans le premier contingent témoigne d'un fort enthousiasme pour la guerre au Nouveau-Brunswick. Poussés par le désir d'aventure, par la nécessité de combattre l'injustice, par l'amour de l'Empire ou par un nouveau sentiment nationaliste, jusqu'à 26000 hommes et femmes du Nouveau-Brunswick porteront l'uniforme d'une des nombreuses unités militaires propres aux Maritimes. Environ un sur dix ne reviendra pas. Alors que les pertes s'accumulent, les Néo-Brunswickois trouvent des moyens de faire face au coût croissant de la guerre : on crée des œuvres de bienfaisance pour aider les familles de soldats, les sociétés agricoles s'unissent pour trouver des moyens de stimuler la production et, tandis que le flot de volontaires commence à tarir, les associations de recrutement cèdent le pas à la conscription comme moyen de gagner la guerre. Certains Néo-Brunswickois doutent ouvertement que la province puisse en faire plus; mais même durant les jours sombres de 1917 et 1918, la plupart des gens restent déterminés dans leur désir de remporter la victoire et de ramener leurs proches à la maison.

   Le projet Le Nouveau-Brunswick et la Grande Guerre (PNBGG) est un programme continu visant à conserver et mettre en valeur un ensemble de documents se rapportant à la participation de la province à la Grande Guerre (1914-1918). L'objectif principal est de fournir tant aux chercheurs et qu'aux généalogistes des éléments de base pour mieux saisir les rapports entre la guerre et la société. Il ne s'agit pas d'une étude approfondie de toute la population et de toutes les sources. Il s'agit de donner du contexte à un sujet fort complexe à n'en pas douter. Bien que de grands efforts aient été faits pour assurer l'équilibre entre les thèmes locaux et provinciaux, le projet tend fortement du côté des sources portant sur les militaires, leurs familles et leurs activités en temps de guerre.

   Le projet est divisé en deux parties distinctes mais d'égale importance : la première contient les noms et les données démographiques d'environ 32000 soldats et infirmières du Corps expéditionnaire canadien (CEC) liés à l'effort militaire du Nouveau-Brunswick. La plupart étaient natifs de la province. Certains ont immigré dans les Maritimes avant la guerre. D'autres étaient résidents de la Nouvelle-Écosse, du Québec ou de la Nouvelle-Angleterre, mais se sont enrôlés dans une des nombreuses unités provinciales, notamment le 26e bataillon. La liste n'est pas parfaite. Ce ne sont pas tous les hommes et les femmes associés à la participation du Nouveau-Brunswick à la guerre qui ont été identifiés. En outre, des données personnelles comme la date et le lieu de naissance ont été obtenues de différentes sources et n'ont pas encore été vérifiées. Des efforts sont en cours pour corriger ces lacunes et faire des ajouts aux renseignements militaires de base actuellement disponibles, mais cela prend beaucoup de temps.

   La seconde partie du projet met à la disposition des utilisateurs environ 50000 articles tirés de trois journaux de la province: le Kings County Record, le St. John Standard et le Daily Gleaner de Fredericton. Les articles, publiés de 1914 à 1920, portent sur diverses questions importantes se rapportant à la guerre. La plus grande catégorie d'articles documente en détail l'étendue de la contribution militaire du Nouveau-Brunswick à la Grande Guerre, des activités de recrutement à la publication de lettres personnelles et de la liste biquotidienne des pertes. D'autres catégories portent sur les collectes de fonds à des fins de bienfaisance, la politique, la croissance économique, le rôle des femmes et des enfants et l'influence de la religion. Avec le temps, le projet sera élargi de manière à inclure un total de dix journaux de la province - cinq des plus grands quotidiens du Nouveau-Brunswick et cinq hebdomadaires régionaux - et plus de 150000 articles dans les deux langues officielles. Des index ont été créés pour effectuer des recherches par lieu, par sujet, par mot-clé dans le titre et par date. Les utilisateurs doivent toutefois savoir que la qualité des images numérisées dépend de celle des documents originaux. Même si bien des efforts ont été faits pour nettoyer les images et les présenter dans un format aussi lisible que possible, il se peut que certaines soient difficiles à lire.

   Le PNBGG est le fruit du travail collectif de l'historien Curtis Mainville, des Archives provinciales du Nouveau-Brunswick et du Gregg Centre for the Study of War and Society de l'Université du Nouveau-Brunswick. Des remerciements vont aussi à la bibliothèque Harriet Irving et à Bibliothèque et Archives Canada. Les images sont libres de droits d'auteur. Toute reproduction doit porter la mention "Projet Le Nouveau-Brunswick et la Grande Guerre".

- Curtis Mainville


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