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TITRE : SD108 INDEX DES DEMANDES DE CONCESSIONS DE TERRES : SÉRIE INITIALE
DATES : 1783-1918
ÉTENDUE : 31 mètres
INDEX : Un index des noms se trouve à la fin.
RESTRICTIONS : Utilisation sur microfilm seulement
SÉRIE CONNEXE : RS272 DEMANDES DE CONCESSIONS DE TERRES : SÉRIE COURANTE
DOCUMENTS
DÉMARCHE ET DOCUMENTS SUR LES TERRES
Cette série contient les premières demandes de concessions de terres (voir
également RS272 pour les demandes plus récentes). Le colon souhaitant obtenir
une concession de terre de la Couronne présentait une demande au lieutenant-gouverneur
(plus tard, au Bureau des terres de la Couronne), dans laquelle il donnait de
l'information sur lui même, ses besoins, sa famille et tout service rendu à la
Couronne (habituellement le service militaire) qui lui permettrait de bien
paraître et le mettrait dans les bonnes grâces de l'administration. Le
lieutenant-gouverneur en conseil, agissant comme un comité du conseil sur les
terres (voir RS568), approuvait ou rejetait la demande. Si la demande était
approuvée, un ordre ou mandat d'arpentage (voir RS687A) était remis à
l'arpenteur-géomètre adjoint, qui devait établir les limites de la concession à
accorder. Les notes d'arpentage de l'arpenteur-géomètre adjoint (voir RS 1021)
décrivent les limites. C'est à partir de ces notes qu'on dressait un rapport
d'arpentage (voir RS687B), qui indiquait en détail l'emplacement, la superficie
et d'autres renseignements relatifs à l'arpentage concernant la terre à concéder.
La correspondance entre l'arpenteur général et ses adjoints est classée sous
RS637. Les rapports d'arpentage étaient tenus par l'arpenteur général selon le
comté (voir RS687) ou selon les sujets tels que les chemins de fer, les Indiens,
etc. (voir RS656). On utilisait les rapports pour rédiger la concession de terre
officielle (voir RS686), qui est le document officiel et l'autorité finale sur
les concessions de terres de la Couronne. Un exemplaire de la concession était
remis au demandeur (maintenant le concessionnaire) et devenait son titre de
propriété. Toute transaction subséquente telle que la vente, la location ou
l'hypothèque entre particuliers devait être enregistrée au bureau de
l'enregistrement du comté (voir RS84 à RS98). Toutefois, dans les cas où la
Couronne faisait tomber en déshérence la terre (voir RS686F) pour non respect
des conditions de la concession, la concession initiale était annulée et la
terre, cédée à nouveau.
Les demandes conservées aux Archives provinciales sont classées sous le
groupe de fonds 10 - Documents du ministère des Ressources naturelles et de
l'Énergie. Elles sont réparties en deux séries, à savoir « SD108 Demandes de
concessions de terres : série initiale », et « RS272 Demandes de concessions de
terres: série courante ». SD108 comprend les demandes présentées entre 1783 et
1918, la plupart (environ 98 %) se trouvant entre 1783 et 1867. RS272 comprend
les demandes soumises depuis 1830 : la série est intitulée « Demandes de
concessions de terres: série courante » puisqu'elle est encore utilisée. Depuis
1830, les demandes de concessions approuvées ont été numérotées par le ministère
et on se sert encore de ce système de nos jours. Il semble également que toutes
les demandes classées sous RS272 ont été approuvées, tandis que celles sous
SD108 ne l'ont pas nécessairement été.
HISTORIQUE
Au cours des cent premières années de l'histoire du Nouveau-Brunswick, le
gouvernement a activement mis de l'avant une politique de colonisation rurale
encourageant l'établissement de colons, la coupe de bois et le « progrès »,
comme on le définissait au XIXe siècle. Le territoire maintenant appelé
Nouveau-Brunswick a d'abord été habité par les Malécites et les Micmacs. En
1604, Samuel de Champlain a fondé le premier établissement français à l'Île-Sainte
Croix, qu'il a déplacé l'année suivante à Port Royal, devenu la capitale d'un
établissement permanent appelé l'Acadie. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles,
le contrôle de la région a passé plusieurs fois de la France à l'Angleterre et
inversement, selon la puissance européenne qui dominait. Cet échange a pris fin
en 1763, par la signature du traité mettant fin à la guerre de Sept Ans. Ainsi,
la région devenait une possession de la Grande-Bretagne. Sous l'autorité de
l'administration britannique à Halifax, le territoire situé au nord de la baie
de Fundy était connu comme les comtés de Sunbury et de Cumberland. De grands
efforts ont été faits pour fonder des établissements à cette époque. Ainsi, les
négociants de la Nouvelle Angleterre, dont le commerce principal était à Boston,
ont établi des colons en bordure du fleuve Saint Jean à Saint-Jean, à Gagetown,
à Maugerville et à divers autres endroits stratégiques. Les Allemands de
Pennsylvanie ont établi des peuplements tels que Hillsborough et Moncton au bord
de la rivière Petitcodiac.
Toutefois, la première arrivée massive de colons était composée de réfugiés
de la guerre de l'Indépendance américaine, connus sous le nom de « Loyalistes ».
Alors que les immigrants de la période préloyaliste se comptaient par centaines,
les Loyalistes sont arrivés par dizaines de milliers. Volontairement ou non, ils
avaient quitté la nouvelle république américaine pour revenir se placer sous la
protection du Roi d'Angleterre dans l'Amérique du Nord britannique. Afin
d'établir et d'administrer les nouveaux colons au nord de la baie de Fundy, le
Nouveau-Brunswick a été séparé de la Nouvelle-Écosse en 1784. Cette séparation a
encouragé une plus forte émigration des colonies américaines. Cependant,
beaucoup ne passaient au Nouveau Brunswick que pour se rendre au Haut-Canada et
au Bas-Canada, en Angleterre ou ailleurs. Les Loyalistes britanniques et les
soldats britanniques libérés des troupes sont arrivés entre 1783 et 1790 et ils
ont été récompensés de leur loyauté politique et de leur service militaire dans
le cadre de la guerre par des concessions de terres au Nouveau Brunswick. En
présentant leurs demandes de concessions, ces premiers colons décrivaient
souvent leur famille, leurs exploits militaires et leur lieu de naissance ou ils
fournissaient d'autres renseignements personnels. C'est pourquoi ces demandes
représentent des documents d'une précieuse valeur historique.
La deuxième grande vague de colons est arrivée au Nouveau-Brunswick à la
suite des bouleversements occasionnés par les guerres de Napoléon et de la
naissance du système industriel en Europe, surtout dans les îles britanniques.
La vague, qui a commencé vers 1815, s'est poursuivie jusqu'à la fin des années
1820. Pendant cette période et jusque dans les années 1850, la province a tenté
d'attirer des immigrants par la publication et la distribution de brochures, de
livrets et d'annonces en Europe, par la création d'un poste de commissaire
chargé du placement des immigrants et par la prestation des services de
transport pour traverser l'océan Atlantique.
La troisième et dernière vague d'immigrants touchant le Nouveau Brunswick
était composée spécifiquement de ceux qui venaient en Amérique du Nord en raison
des troubles de nature politique ou militaire en Europe, des effets
préjudiciables continus de la révolution industrielle, qui prenait de
l'expansion, et des mauvaises récoltes subies au milieu des années 1800. En plus
de ces facteurs négatifs, on avait le sentiment, dans l'ancien monde, que
l'Amérique du Nord, y compris le Nouveau Brunswick, était la terre d'avenir.
Beaucoup de terres étaient disponibles et les conditions pour en obtenir une
étaient minimes.
Parmi ces conditions, mentionnons les suivantes : il fallait être un sujet
britannique et un adulte mâle, le concessionnaire devait aussi payer les coûts
de l'arpentage et « améliorer » la terre en défrichant une certaine superficie
peu après en avoir pris possession. Évidemment, si le particulier pouvait
présenter une preuve de son besoin d'une terre (ce qu'il faisait habituellement
en décrivant sa famille et sa situation financière) et prouver sa loyauté à la
Couronne (plusieurs décrivaient leurs activités militaires), il avait de
meilleures chances d'obtenir la terre voulue. Par conséquent, les demandes
présentées par ces immigrants entre 1783 et 1850 sont, dans une grande mesure,
des notes biographiques sur le demandeur et sa famille. Malheureusement, dans
les années 1850, le gouvernement a commencé à produire des formules de demande
uniformisées et, comme les renseignements requis étaient minimes, ces documents
sont d'une moins grande utilité pour le chercheur.
COMPILATION DE L'INDEX
L'index de la série SD108 couvre la période de 1783 à 1918. Il compte environ
67 300 entrées. Les règles suivantes ont été utilisées pour sa compilation :
1) Demandeurs : Afin de faciliter la recherche biographique et généalogique,
chaque demandeur mentionné dans une demande est indexé. Les demandes comprenant
des listes de noms sont classées sous le nom du premier demandeur et celles des
autres demandeurs contiennent un renvoi au premier demandeur.
2) Ayants droits : Afin de faciliter la recherche démographique et celle
relative aux terres, chaque personne nommée dans les demandes, comme ayant droit
actuel ou passé, est indexée. Veuillez noter que les déplacements d'un ayant
droit sont parfois indiqués, p. ex. « est allé au Haut-Canada il y a deux ans ».
3) Témoins : Afin de faciliter la recherche générale sur les premiers
habitants, les noms des signataires de la demande de quelqu'un d'autre pour
recommander l'autorisation de celle-ci ont également été inclus dans l'index.
Dans ces cas, il n'y a aucun détail biographique sur les témoins, mais on a
décidé qu'il serait utile de les faire figurer dans l'index.
4) Lieux : Pour faciliter la recherche sur les localités, on a indexé les
établissements, les paroisses, les comtés, les villes et les cités quand un
groupe de demandeurs d'un lieu géographique s'identifie à la localité. Par
exemple, « Nous, les habitants de Woodstock » serait indexé sous « Woodstock,
habitants de » et le nom de chaque demandeur serait assorti d'un renvoi au lieu.
Toutefois, les lieux n'étaient pas indexés s'ils étaient seulement mentionnés
dans la demande.
5) Églises : Pour faciliter la recherche sur la religion et les confessions
religieuses, les églises sont indexées quand les administrateurs ou d'autres ont
signé au nom de l'église.
6) Noirs : Pour faciliter la recherche sur les Noirs (Noirs américains),
l'esclavage, etc., un astérisque « (*) » a été ajouté après le nom de la
personne désignée comme Noire. Dans les cas où un groupe de Noirs ont présenté
une demande et se sont désignés comme Noirs, on a ajouté des unités de
description sous « Noirs de l'endroit X » et « Endroit X, Noirs de l' » le cas
échéant.
7) Indiens : Pour faciliter la recherche sur les Autochtones et les
revendications de terres indiennes, les Indiens n'étaient pas seulement indexés
par leur nom de famille mais aussi désignés comme Indiens dans l'index. Ainsi,
quand on pouvait déterminer que la personne ayant présenté la demande était
indienne, un double astérisque « (**) » était ajouté après le nom indexé. En
outre, quand une demande permettait d'identifier une terre comme terre indienne,
une unité de description pour « terres indiennes » était assortie d'un renvoi à
la demande concernée. Dans les cas où un groupe d'Indiens présentait une demande,
les unités de description étaient ajoutées sous « Indiens de l'endroit X » et «
Endroit X, Indiens de l' » le cas échéant.
8) Militaires : Pour faciliter la recherche sur les unités militaires
britanniques et coloniales, tous les noms des soldats faisant des demandes et
chaque régiment indiqué dans les demandes sont indexés. Veuillez noter,
toutefois, que tous les régiments et les autres unités militaires sont indexés
sous « Militaire -- ».
9) Concessions : Pour faciliter les études sur les terres relativement à la
répartition des biens des très grandes concessions (habituellement avant
l'arrivée des Loyalistes), les noms des importantes concessions étaient ajoutés
à l'index lorsque les biens étaient désignés comme appartenant à une concession.
« Concession Hammond », par exemple, aurait un renvoi à un particulier demandant
une terre se situant dans ce qui est (était) connu comme la concession Hammond.
VARIANTES ORTHOGRAPHIQUES
Étant donné les nombreuses variations dans l'épellation des noms de famille,
il serait utile au chercheur de connaître les règles dont on s'est servi pour
déterminer comment les noms étaient entrés dans l'index. La première chose à
signaler est que l'uniformité dans l'épellation (même de son propre nom!)
n'était pas une nécessité culturelle au XIXe siècle comme elle l'est devenue au
XXe siècle. Il n'est pas surprenant de trouver un demandeur qui épelait son nom
de famille de deux ou trois façons dans une même demande. Le dilemme de
l'indexeur (et du chercheur) est donc de savoir quelle est l'épellation correcte.
La règle suivie était d'indexer selon l'épellation utilisée dans la signature.
Par conséquent, si le nom « Bailey » était utilisé dans la demande, mais que
l'on a signé « Baillie », nous avons indexé le nom par la dernière épellation.
En conséquence, nous avons consigné des entrées pour des variantes telles que «
Baillie », « Baley », « Bailley », et « Bailey ». Il est donc recommandé de
chercher toute variante orthographique imaginable. Les personnes cherchant les
noms français doivent prendre note de ce qui suit. Un grand nombre de demandeurs
ne savaient pas écrire. Une autre personne dressait la demande et le demandeur
n'avait qu'à y indiquer « sa marque ». Quand un anglophone écrivait la demande
pour un autre anglophone, les variations dans l'épellation étaient moindres.
Cependant, lorsqu'un anglophone rédigeait une demande pour un francophone, ce
qui était une pratique courante, beaucoup de problèmes ont surgi puisque le nom
a souvent été épelé phonétiquement.
Dans l'index, les titres tels que « Dr » et « Rev. » étaient utilisés
seulement quand aucun prénom n'était fourni. Par exemple, une entrée comme «
Smith ----- (Dr) » indique que, même si la demande ne comprenait pas de prénom (cinq
tirets), elle signale que le demandeur est un médecin. Il n'y a aucune
désignation « père » ou « fils » dans l'index étant donné la nature temporaire
de ces termes descriptifs. En outre, même si l'ordinateur met en ordre
alphabétique tous les noms, les « Mac » et les « Mc » sont interclassés sur le
microfilm et ces entrées figurent après les « M ». Ainsi, sur les films, les
MacDonald sont interclassés avec les McDonald et paraissent après les noms
commençant par la lettre « M ».
RENVOIS
Veuillez noter que, lorsqu'un « nom » a été tiré de la demande soumise par
quelqu'un d'autre ou par un groupe, la colonne « voir demande de : » indique le
nom sous lequel le document est classé et le numéro de microfilm. De plus,
environ 600 renvois d'un nom de famille à un autre ont été ajoutés à l'index
afin de signaler au chercheur une variante orthographique dont l'existence ne
lui est peut-être pas connue. Nous ne sommes toutefois pas certains d'avoir
relevé toutes les variantes et, par conséquent, il est conseillé au chercheur
d'apporter une grande attention à ses recherches sur des particuliers.
LIEU GÉOGRAPHIQUE
L'index comprend le comté où se situe la terre. Le code de deux lettres pour
les comtés vise à faciliter l'identification de particuliers et de biens. Il est
important pour le chercheur de ne pas oublier que le comté indiqué est le comté
moderne et non le comté historique. Par conséquent, un demandeur aurait pu
demander une terre à Madawaska, dans le comté de York, en 1830, mais puisque
nous savons que la terre se situe maintenant dans le comté de Madawaska, nous
avons utilisé « MA » comme le code du comté. Quand on ne pouvait pas identifier
de comté, « -- » est indiqué dans la colonne du comté dans l'index. Les
abréviations des noms des comtés sont indiquées ci-dessous. Les dates mises
entre parenthèses indiquent l'année de l'établissement du comté.
- AL = comté d'Albert (1845)
- CA = comté de Carleton (1832)
- CH = comté de Charlotte (1786)
- GL = comté de Gloucester (1837)
- KE = comté de Kent (1826)
- KI = comté de Kings (1786)
- MA = comté de Madawaska (1873)
- NO = comté de Northumberland (1786)
- QU = comté de Queens (1786)
- RE = comté de Restigouche (1837)
- SJ = comté de Saint John (1786)
- SU = comté de Sunbury (1786)
- VI = comté de Victoria (1844)
- WE = comté de Westmorland (1786)
- YO = comté de York (1786)
CONSULTATION DE LA DEMANDE COMPLÈTE
Les demandes sont disponibles uniquement sur microfilm : elles ne peuvent pas
être consultées sous leur forme papier initiale. Le numéro de microfilm (numéro
« F ») a été ajouté à l'index. En outre, l'index complet est disponible sur le
microfilm F13763. On peut visionner les microfilms aux Archives provinciales, à
Fredericton, ou dans toute bibliothèque participant au programme de prêts de
microfilms entre bibliothèques ou services d'archives.