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Archives provinciales du Nouveau-Brunswick

Défrichement, agriculture et politique: la colonisation dirigée au Nouveau Brunswick

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Mgr John Sweeny Plan de colonisation

Saint John à l'époque coloniale
Au milieu du XIXe siècle, Saint John n'est plus seulement un port achalandé, mais est devenue un centre industriel florissant dont le paysage est parsemé d'usines, de scieries et d'autres industries. La population de la ville a connu une augmentation spectaculaire, passant d'environ 5 000 en 1815 à environ 38 000 en 1861, ce qui la place au troisième rang parmi les plus grandes villes de l'Amérique du Nord britannique. La croissance rapide de la population est en grande partie attribuable à l'arrivée de plus de 30 000 immigrants irlandais. L'émigration a été un phénomène constant en Irlande pendant les années 1820 et 1830, mais elle a fortement augmenté pendant les années 1840 par suite des désastreuses famines de la pomme de terre. Seulement une partie des nouveaux venus demeure à Saint John, mais cela suffit pour changer l'aspect de la collectivité : en 1851, plus de la moitié des chefs de ménage de la ville sont Irlandais.
Saint John accroît sa superficie durant les années 1850 et 1860 tandis que son économie dépend de moins en moins de la navigation et du commerce extérieur et s'oriente vers le commerce intérieur et la production industrielle. Cette évolution n'aide pas à atténuer la surpopulation du centre-ville, où de nombreux arrivants trouvent des logements sur le front d'eau et le long des routes principales. Certains travaillent comme débardeurs, journaliers et manouvres de scierie, tandis que d'autres trouvent des emplois dans les filatures de coton, les fonderies de fer et les petites usines du voisinage, qui fabriquent des chaussures, des meubles, des voitures, de la tôle mince et des articles en étain et en cuir.*
Les effets secondaires indésirables de ces changements socio-économiques sont des logements surpeuplés, des loyers élevés, des rues sales, de longues heures de travail, de bas salaires et des conditions de travail malsaines, choses que Mgr Sweeny trouve nuisibles au bien-être spirituel et matériel des familles irlandaises pauvres. À son avis, un milieu rural offrirait de l'air pur, une nourriture saine, un meilleur logement et moins de tentations.
* Une grande partie de l'information fournie dans cette section est tirée de l'ouvrage de T.W. Acheson, Saint John : The Making of a Colonial Urban Community, Toronto, University of Toronto Press, 1985.


4.10.8