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La formation postsecondaire au Nouveau-Brunswick

Les premiers collèges privés

Les premiers essais

Au début du 19e siècle, plusieurs ont essayé d'établir au Nouveau-Brunswick des institutions d'enseignement, mais aucun de ces essais n'a réussi. En 1832, l'abbé Antoine Gagnon, un prêtre québécois, et Mgr MacEachern, évêque de Charlottetown, ont ouvert le collège Gédaïc à Grande-Digue. Ce collège dut fermer ses portes après trois courtes années d'existence. Ce fut le premier collège francophone au Nouveau-Brunswick.

En 1854, l'abbé François-Xavier LaFrance, un autre prêtre du Québec, a ouvert le Séminaire Saint-Thomas à Memramcook. Ce séminaire a fermé ses portes à cause de difficultés financières en 1862. La première initiative acadienne de fondation d'un collège fut celle de l'abbé Marcel-François Richard. Le collège de Saint-Louis de Kent fonctionna de 1874 à 1882 sous la direction des religieuses de la Congrégation Notre-Dame. Il dut fermer ses portes lorsque l'évêque du diocèse de Chatham jugea que les Irlandais catholiques n'étaient pas en mesure d'y recevoir une éducation adéquate.

Quelques couvents, qui dispensaient un enseignement en français, ont ouvert dans la province au 19e siècle, soit à Saint-Basile (1857-1873), à Bouctouche (1880-1969), à Memramcook (1873-1970) et à Caraquet (1874-1959). Ces couvents étaient tous dirigés par des congrégations religieuses. Cependant, ces couvents ont aussi dû fermer leurs portes pour des raisons financières après quelques années d'existence. Ces collèges et couvents ont été des pionniers dans le domaine de l'éducation de langue française au Nouveau-Brunswick au cours du 19e siècle.


Collège Saint-Joseph de Memramcook

En 1864, deux années après la fermeture du Séminaire Saint-Thomas de Memramcook, le père Camille Lefebvre, de la Congrégation de Sainte-Croix, a fondé le collège Saint-Joseph sur la propriété qui lui a été laissée par le père François-Xavier LaFrance. En octobre, les cours ont commencé à être donnés aux quelques étudiants inscrits. Le collège offrait une éducation bilingue, car l'évêque de Saint John, Mgr Sweeney, se souciait de l'éducation des jeunes Irlandais catholiques. En 1868, le collège a reçu du gouvernement du Nouveau-Brunswick la permission de décerner des grades et, en 1888, il a reçu le statut d'université. Jusqu'en 1932, le nombre d'étudiants de l'université ne cessait d'augmenter et les dirigeants se sont vus obligés de construire un nouvel édifice pour les accueillir. De plus, un édifice a été érigé en 1896 pour commémorer le père Lefebvre, décédé l'année précédente.

Le 20 octobre 1933, l'université de Memramcook fut détruite par les flammes. On a alors transféré temporairement les classes à Moncton en attendant la reconstruction du collège, qui se termina en 1934. Les cours reprirent à Memramcook. En 1942, l'institution a révisé plusieurs programmes d'études en place et en a instauré des nouveaux qui venaient reconfirmer sa vocation universitaire. Durant ces années, plusieurs autres collèges se sont affiliés à l'Université Saint-Joseph, soit le Collège Notre-Dame d'Acadie à Moncton, le Collège l'Assomption et le Séminaire Notre-Dame du Perpétuel Secours.

En 1953, l'Université Saint-Joseph déménagea une partie de ses effectifs à Moncton. Suite aux recommandations du Rapport Deutsch, l'Université Saint-Joseph reprit le titre de collège afin de permettre à l'Université de Moncton nouvellement créée d'être la seule université francophone au Nouveau-Brunswick. Les deux institutions gardèrent cependant des liens très étroits tout au long de leur coexistence. En 1965, la totalité du collège déménagea sur le campus de l'Université de Moncton et, en 1972, le Collège Saint-Joseph ferma définitivement ses portes en léguant à la Faculté des arts de l'Université de Moncton ses responsabilités d'enseignement.


Collège du Sacré-Coeur

En 1899, les Pères Eudistes ont ouvert le Collège du Sacré-Coeur à Caraquet. Le curé de Caraquet, Théophile Allard, envisageait depuis déjà plusieurs années l'ouverture d'un collège dans la région. Il demanda aux Pères Eudistes, qui avaient déjà ouvert un collège de langue française à Pointe-de-l'Église, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, de faire de même à Caraquet. Le Collège du Sacré-Coeur reçut du gouvernement provincial sa charte universitaire en 1900 et connut une importante hausse des inscriptions les années suivantes.

Les étudiants du collège devaient respecter une longue liste de règlements rigoureux, car la discipline était le mot d'ordre au collège. Cependant, les étudiants avaient la chance de participer à une vie collégiale très active, qui incluait de l'art sous diverses formes, tel le théâtre et la musique, les sports, tant l'hiver comme l'été, des excursions dans les villages environnants et des pèlerinages dans divers lieux saints.

Le collège a connu une période de croissance importante au début du 20e siècle et a dû être agrandi à quelques reprises afin de mieux accommoder le nombre sans cesse croissant d'étudiants. Malheureusement, le Collège du Sacré-Coeur a été la proie des flammes dans la nuit du 30 au 31 décembre 1915. Ce fut une perte totale, tant pour l'édifice que pour le mobilier à l'intérieur. Les Pères Eudistes et toute la population de Caraquet en furent désolés.

Après plusieurs recommandations, il fut décidé, au mois de janvier 1916, de reconstruire le Collège du Sacré-Coeur, mais cette fois à Bathurst, car un noviciat-scolasticat y avait été construit au début des années 1910 et de l'espace y était disponible pour aménager les classes du collège. Les cours ont repris au collège de Bathurst en septembre 1916. En plus des cours collégiaux, on y offrait un programme de noviciat et de juvénat. En 1935, une ère nouvelle a débuté au collège, celle des supérieurs Canadiens; jusque là, les supérieurs avaient tous été des Français. Le premier supérieur Acadien, Jules Comeau, est entré en fonction en 1943, C'est en 1941 que le collège reçut le statut d'université.

Les étudiants du Collège du Sacré-Coeur de Bathurst ont eux aussi eu la chance de participer à une vie collégiale très active par l'entremise des arts, de la musique, des sports, des cercles littéraires et du journal étudiant. En 1949, l'Université du Sacré-Coeur à Bathurst devint le Collège de Bathurst et suite à la création de l'Université de Moncton en 1963, il céda son pouvoir de conférer des grades. En 1975, le collège devint un campus du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.


Collège Saint-Louis d'Edmundston

Le besoin d'une institution d'enseignement supérieur s'est fait ressentir très tôt dans la région du Madawaska. Dès les années 1960, l'évêque de Chatham, Mgr Rogers s'était penché sur la question. Cependant, malgré les désirs d'un grand nombre, ce n'est qu'en 1945 qu'un collège fut établi au Madawaska. Dans les années qui ont précédé l'ouverture du collège, les étudiants du nord-ouest du Nouveau-Brunswick devait se rendre à Bathurst, à Memramcook ou encore au Québec pour parfaire leur éducation. C'est pourquoi, en 1945, l'évêque du nouveau diocèse d'Edmundston donna aux Pères Eudistes le mandat d'ouvrir un collège dans la région.

Le nouveau collège reçut le nom de Collège Saint-Louis, en l'honneur de Mgr Louis-Napoléon Dugal, personnage religieux important dans la région du Madawaska. Les cours débutèrent en septembre 1945 dans d'anciennes baraques militaires construites durant la Deuxième Guerre mondiale. Le père Simon Larouche fut le premier supérieur du collège. Il était appuyé d'une équipe composée de quatre prêtres.

C'est en 1947 que le Collège Saint-Louis devint l'Université Saint-Louis, grâce à la charte que lui accorda le gouvernement provincial. En 1949, l'université fit bâtir un nouveau campus et déménagea dans des locaux plus solides. Cette même année, le collège de Saint-Basile, devenu le Collège Maillet, y devint affilié. Pendant des années, les étudiants des deux établissements ont pu suivre les mêmes cours et devaient passer les mêmes examens. L'Université Saint-Louis a conféré ses premiers baccalauréats ès arts en 1953.

Les étudiants de l'université participaient à une vie collégiale typique. La discipline était rigoureuse, mais ils avaient la chance de participer à plusieurs activités parascolaires, comme la musique, les arts, le théâtre et les sports. Durant toute son existence, l'Université Saint-Louis connut une situation économique précaire et c'est le Club 200, fondé en 1960, qui lui permit d'effectuer plusieurs agrandissements nécessaires.

Suite aux recommandations du Rapport Deutsch, l'Université Saint-Louis accepta de céder sa charte universitaire, à l'instar de toutes les autres universités francophones de la province, afin de laisser la place à la jeune Université de Moncton. Le collège devint alors une partie de la Faculté des arts de l'Université de Moncton, mais réussit à garder son autonomie administrative; le Collège Maillet lui resta affilié. C'est en 1972 que se sont fusionnés le Collège Saint-Louis et le Collège Maillet pour former le Collège Saint-Louis-Maillet, administré par un nouveau conseil d'administration laïc. En 1975, le collège devint une composante à part entière de l'Université de Moncton, tout comme le Collège Jésus-Marie de Shippagan et adopta le nom de Centre universitaire Saint-Louis-Maillet, nom qu'il garda jusqu'en 1994 lorsqu'il prit le nom d'Université de Moncton, campus d'Edmundston.


L'éducation des filles

Collège Notre-Dame d'Acadie

Depuis 1870, les sours de la Congrégation Notre-Dame du Sacré-Coeur ont tenu un couvent à Memramcook où les jeunes Acadiennes pouvaient recevoir une éducation conforme au programme provincial en plus d'un programme de musique, de religion et d'arts ménagers.

Cependant, ce n'est qu'en 1943 que l'Académie Notre-Dame du Sacré-Coeur (NDSC) introduisit un cours classique, identique au programme enseigné aux garçons à l'Université Saint-Joseph. C'est la première fois au Nouveau-Brunswick que les jeunes Acadiennes pouvaient obtenir un baccalauréat d'une institution francophone. Le programme devint de plus en plus populaire et, il fallut bientôt construire un nouvel édifice pour accueillir toutes les pensionnaires et étudiantes.

Il fut alors décidé de construire le nouveau couvent à Moncton, ville en pleine croissance à l'époque. Mgr Norbert Robichaud, archevêque de Moncton, proposa de nommer la nouvelle institution le Collège Notre-Dame d'Acadie. Mère Marie-Jeanne de Valois (Bella Léger), appuyée d'une équipe de trois autres religieuses, fut la principale instigatrice du projet. La construction du vaste collège débuta en 1947 sous la direction de l'architecte Abbey Landry. Il a fallu deux ans pour le construire. C'est en septembre 1949 que les nouvelles étudiantes ont fait leur entrée dans cet immense édifice comprenant une quarantaine de classes, une chapelle de 300 places, un grand auditorium, une cafétéria de 300 places et plusieurs autres locaux.

Le collège offrait le cours classique, mais la grande majorité des étudiantes ne s'y inscrivaient pas, préférant le cours secondaire, le cours commercial, le cours de sciences familiales ou les différents cours de langue. Tout comme les étudiants des autres collèges classiques de la province, les étudiantes du Collège Notre-Dame d'Acadie avaient droit à un éventail d'activités parascolaires comprenant les arts, la musique, les sports et le théâtre.

Suite à la publication du Rapport Deutsch et de la création de l'Université de Moncton en 1963, le Collège Notre-Dame d'Acadie s'est vu dans l'obligation de fermer ses portes en mai 1965. Environ 300 étudiantes ont fait leur cours classique à Notre-Dame d'Acadie entre 1949 et 1964.


Collège Maillet de Saint-Basile

Un collège pour jeunes filles fut établi dans le Madawaska au cours de la même période. Les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, installées à Saint-Basile depuis 1873, ont toujours eu comme mission l'éducation des jeunes gens. Même si leur couvent et le " petit collège " qu'elles ont fondé en 1902 rencontraient leurs objectifs, elles cherchaient toujours à en faire davantage pour la population. En 1943, elles fondèrent une école d'infirmières afin de former du personnel pour leurs hôpitaux dans la région.

C'est en 1949 que les Religieuses, sous la direction de sour Marie-Rhéa Larose, ouvrirent le premier collège classique pour jeunes filles dans la région. Cependant, le collège a seulement été inauguré officiellement en septembre 1950. Ce collège fut nommé le Collège Maillet en l'honneur de la révérende mère Maillet, grande protectrice du couvent de Saint-Basile. Le collège fut immédiatement affilié à l'Université Saint-Louis et les étudiants des deux collèges étudiaient les mêmes matières et subissaient les mêmes examens. Au cours des années, le Collège Maillet offrit, en plus du cours classique, un cours de préparation à l'enseignement, un cours en secrétariat médical et un cours menant à l'obtention d'un baccalauréat en sciences infirmières. Ce dernier programme fut aboli en 1966, suite à l'ouverture de l'École des sciences infirmières de l'Université de Moncton.

Suite au Rapport Deutsch et à la création de l'Université de Moncton en 1963, le Collège Maillet fut annexé au Collège Saint-Louis d'Edmundston qui avait cédé sa charte universitaire. En 1972, la Commission Lafrenière a recommandé la fusion du Collège Maillet et du Collège Saint-Louis, qui devint le Collège Saint-Louis-Maillet, dirigé pour la première fois par des laïcs. En 1977, le Collège Saint-Louis-Maillet devint le Centre universitaire Saint-Louis-Maillet, une entité à part entière de l'Université de Moncton et puis l'Université de Moncton, campus d'Edmundston, tel qu'il est connu aujourd'hui.


Le Collège Jésus-Marie de Shippagan

Le Collège Jésus-Marie de Shippagan fut fondé par les Religieuses Jésus-Marie, originaires de la France. Suite aux pressions de l'abbé Alfred Trudel, une délégation de trois religieuses s'installèrent à Lamèque en 1918 dans le but d'y ouvrir un couvent. En 1948, le père Livain Chiasson demanda aux religieuses de venir s'installer à Shippagan et d'y construire un couvent. Le couvent ouvrit ses portes en septembre 1949. Il abritait un noviciat, un pensionnat et des locaux pour enseigner et offrait une éducation aux jeunes filles qui le désiraient. Bien que le couvent de Shippagan fonctionna convenablement, les inscriptions diminuèrent suite à l'ouverture d'une nouvelle école régionale. Donc, on chercha à transformer le couvent en collège classique pour jeunes filles.

En 1960, on a commencé à offrir la dernière année du cours secondaire, la versification et la première année du cours classique, soit les belles-lettres. En 1963, le collège fut annexé au Collège du Sacré-Coeur de Bathurst; les examens devaient être corrigés par des professeurs du Collège de Bathurst et la collation des diplômes se faisait à Bathurst. À la suite de la recommandation du Rapport Deutsch sur l'éducation supérieure de fermer le collège, la population de la Péninsule acadienne se mobilisa pour lutter contre cette recommandation et, en 1972, il fut décidé d'intégrer le collège à l'Université de Moncton et d'y offrir les deux premières années du baccalauréat ès arts et, du même coup, d'ouvrir ses portes aux garçons. En 1977, le Collège Jésus-Marie devint le Centre universitaire de Shippagan, constituante à part entière de l'Université de Moncton. En 1994, le nom de l'institution a encore une fois changé pour devenir l'Université de Moncton, campus de Shippagan.


Les Universités du Nouveau-Brunswick

Université de Moncton

L'Université de Moncton, la plus jeune université du Nouveau-Brunswick, a tout de même son origine dans plusieurs institutions des 19e et 20e siècles. L'ensemble des collèges francophones de la province, mis sur pied par diverses communautés religieuses depuis les années 1800, ont joué un rôle important dans la fondation de l'Université de Moncton. Cependant, c'est le Collège Saint-Joseph de Memramcook qui est considéré comme l'ancêtre directe de l'université. Fondé en 1864 par le père Camille Lefebvre, le collège sera pendant près d'un siècle la seule institution d'études supérieures dans le sud-est du Nouveau-Brunswick. Cependant, à l'époque où fut créée l'Université de Moncton, il existait huit collèges francophones dans la province.

L'idée de la création d'une nouvelle université francophone dans la province avait été soulevée à quelques reprises. Cependant, ce fut le premier ministre de l'époque, Louis-J. Robichaud, qui engagea le processus de sa création. À la suite d'un mémoire qui lui a été présenté en 1960 par les collèges Mount Allison, Saint-Joseph, Sacré-Coeur, Saint-Thomas et Saint-Louis, le premier ministre créa une commission royale d'enquête sur le financement de l'éducation supérieure au Nouveau-Brunswick, présidée par John J. Deutsch. La commission a pris la peine d'étudier la situation de tous les collèges de la province et publia son rapport le 21 juin 1962. Dans ce rapport, elle recommandait, entre autre, la création d'une université centrale, l'Université de Moncton, " comme seule établissement d'enseignement supérieur de langue française [de la province] autorisée à conférer des grades " et l'affiliation à celle-ci des collèges Saint-Joseph, Sacré-Coeur et Saint-Louis.

Le 19 juin 1967, le gouvernement provincial adopta la Loi sur l'Université de Moncton,créant officiellement la plus importante université de langue française dans les provinces de l'Atlantique. Le premier recteur fut Clément Cormier. Le campus principal de l'université se trouvait à Moncton, alors que les collèges de Bathurst, d'Edmundston et de Memramcook lui étaient directement affiliés. Le Collège Saint-Joseph déménagea la grande partie de ses effectifs sur le campus de Moncton dès 1965.

En 1967, un nouveau rapport a recommandé le transfert de la direction de l'Université de Moncton de la congrégation Sainte-Croix à des laïcs. Le premier recteur laïc fut Adélard Savoie. De plus, les collèges affiliés font dès lors partie de la Faculté des arts. En 1972, la Commission Lafrenière a modifié le statut des collèges affiliés et de la Faculté des arts. Les collèges devinrent ainsi parties intégrantes de l'Université de Moncton et chaque institution siégeait désormais au sein du Sénat académique. De plus, les collèges Saint-Louis et Maillet dans le Nord-Ouest furent amalgamés et le Collège Jésus-Marie de Shippagan cessa son affiliation avec le Collège de Bathurst et s'affilia directement à l'université. Le Collège Saint-Joseph transféra ses derniers programmes d'études à la Faculté des arts et ferma ses portes.

La publication, en 1975, du Rapport LeBel vint une fois de plus modifier le sort des collèges du Nord-Est et du Nord-Ouest. En 1977, le Collège Saint-Louis-Maillet devint le Centre universitaire Saint-Louis-Maillet; le Collège Jésus-Marie devint le Centre universitaire de Shippagan et le campus de Moncton devint le Centre universitaire de Moncton. Ces campus sont désormais des parties constituantes de l'Université de Moncton. En 1994, on changea encore une fois l'appellation des campus universitaires : le Centre universitaire de Moncton devint l'Université de Moncton, campus de Moncton; le Centre universitaire de Shippagan devint l'Université de Moncton, campus de Shippagan, et le Centre universitaire Saint-Louis-Maillet devint l'Université de Moncton, campus d'Edmundston.

L'Université de Moncton a offert dès ses premières années d'existence plusieurs programmes comme le baccalauréat ès sciences, le baccalauréat ès arts et le baccalauréat en administration. Grâce à de larges contributions du gouvernement, l'université a été en mesure de disposer d'une importante infrastructure dès ses débuts. Des résidences pour les étudiants, des édifices pour les différentes facultés et une bibliothèque furent construits très tôt. Plus tard, un aréna, un centre sportif et de nouvelles facultés se sont ajoutés. L'Université de Moncton offre aujourd'hui plusieurs programmes d'études, comme le baccalauréat ès sciences infirmières, le baccalauréat en éducation et le baccalauréat en ingénierie, en plus des programmes traditionnels.


Université du Nouveau-Brunswick

L'Université du Nouveau-Brunswick a été la première université publique en Amérique du Nord. Cette université de langue anglaise a été fondée par les Loyalistes, partis des États-Unis à la fin de la guerre de l'Indépendance américaine de 1775-1783. Les Loyalistes ont toujours démontré un vif intérêt envers l'éducation. Avant de partir vers le nord, les Loyalistes ont signé une pétition, demandant l'établissement d'un collège sur leur terre d'accueil. Dès que les nouveaux arrivants se sont installés, ils ont une fois de plus fait la demande auprès du nouveau gouvernement afin de mettre sur pied un collège. Une deuxième pétition a été signée en décembre 1785 demandant l'établissement d'une académie des arts et des sciences.

En 1787 une première académie fut installée temporairement dans un édifice de la rue Sunbury, aujourd'hui devenue la rue University, à Fredericton. En 1793, un nouvel édifice fut construit rue Brunswick. Il comprenait des salles de classe, une cuisine et cinq chambres pour les pensionnaires; l'Académie y déménagea. Les étudiants étaient initiés au curriculum d'une éducation classique, comprenant l'enseignement de la langue anglaise, du latin et de la religion.

Cependant, ce n'est qu'en 1800 que le gouvernement provincial reconnu l'Academy of Liberal Arts and Science en lui accordant une charte. L'Académie devint le College of New Brunswick. L'inscription au collège était réservée aux Anglicans, tant pour les étudiants que pour les professeurs. Afin de permettre au collège de connaître un bon départ, la province lui a accordé un terrain de presque 6 000 acres où les étudiants et le personnel pouvaient chasser. Par contre, tous les pins blancs qui se trouvaient sur le terrain étaient réservés pour la marine royale. En 1812, le collège reçut du gouvernement la permission d'exploiter un traversier sur le fleuve Saint-Jean comme bon leur semblait et de recueillir tous les profits qui pouvaient résulter de cette activité en échange du versement de la somme d'un penny par année à Sa Majesté le roi.

Les problèmes financiers et autres qui guettaient le collège ont mené l'administration du collège à demander une charte royale sous le sceau de la Grande-Bretagne. Cette nouvelle charte fut accordée le 15 décembre 1828. Le nouveau King's College est demeuré sous une administration anglicane jusqu'en 1846. Cependant, le collège devenait ainsi ouvert à toute la population du Nouveau-Brunswick, indépendamment de sa confession religieuse. Cela signifiait que les jeunes hommes non anglicans qui désiraient recevoir une éducation ne devaient plus s'exiler vers les États-Unis afin d'étudier. De plus, le collège devait recevoir un financement accru de la part du gouvernement, puisqu'il offrait ses services à une plus grande partie de la population de la province. Le collège s'installa dans l'édifice des arts (Arts Building), toujours présent sur la colline universitaire, à Fredericton en janvier 1829. Les premiers diplômes, au nombre de trois, furent distribués le 21 février 1829.

En 1859, une loi fut votée à l'Assemblée législative, créant l'Université du Nouveau-Brunswick et abolissant le King's College. La nouvelle université était une institution complètement séculaire, rejetant toutes les anciennes traditions anglicanes sur lesquelles étaient fondés les collèges précédents. L'Université du Nouveau-Brunswick comprenait une Faculté des arts, une Faculté des sciences et une Faculté d'ingénierie, la première en Amérique du Nord britannique. S'ajouteront en 1908 la Faculté de foresterie et en 1923 la Faculté de droit. En 1885, l'Université du Nouveau-Brunswick a ouvert pour la première fois ses portes aux femmes. La première diplômée fut Mary K. Tibbits en 1889, ayant terminé le programme de baccalauréat ès arts.

À partir des années 1920, William Maxwell Aitken, Lord Beaverbrook, est devenu le principal appui financier de l'université. En 1920, il mit sur pied un fonds de bourses destiné aux jeunes qui désiraient étudier dans la province ou ailleurs. Il y avait sept bourses d'entrées disponibles pour les étudiants de l'Université du Nouveau-Brunswick. En 1947, il offrait dix bourses pour des Néo-Brunswickois qui désiraient étudier à Londres, en Angleterre. De plus, il fit construire une résidence pour hommes en l'honneur de sa femme, un gymnase de magnifique construction, la bibliothèque Bonar-Law, en plus d'offrir au-delà de 15 000 volumes et deux collections de documents de Lord Bennet et Bonar Law. Finalement, Lord Beaverbrook fit construire la Maggie Jean Chestnut House, devenue une résidence pour femmes. La contribution de Lord Beaverbrook et l'intérêt croissant du gouvernement provincial ont permis à l'Université du Nouveau-Brunswick de développer ses infrastructures, ses programmes de formation et ses installations de recherche. Aujourd'hui, l'Université du Nouveau-Brunswick est la plus grande université de la province et compte un autre campus à Saint John dans le sud de la province.


Université Saint Thomas

L'Université Saint Thomas (St. Thomas University) est fondée sur une importante tradition catholique au Nouveau-Brunswick. Cependant, il existait dans certaines régions telles que la Miramichi une communauté catholique de langue anglaise, composée d'immigrants venus majoritairement de l'Irlande. Il existait à l'époque des établissements d'enseignement fondés par les Loyalistes et par les communautés catholiques acadiennes, mais pas de collège catholique anglophone.

C'est pourquoi, en 1860, suite à quelques tentatives antérieures plus ou moins réussies, Mgr James Rogers, évêque de Chatham et lui-même immigrant irlandais, fonda le Saint Michael's College, en l'honneur de saint Michel Archange. Durant ses premières années d'existence, le collège accueillait une centaine d'étudiant et on y enseignait le latin et le français, en plus des sujets principaux enseignés en anglais. La majorité des étudiants avaient entre 10 et 18 ans et étudiaient au collège à titre d'externes.

Durant les années 1860 et 1870, Mgr Rogers tenta à plusieurs reprises d'attirer une communauté religieuse au collège afin qu'elle puisse l'assister dans différents secteurs de l'institution. Après avoir vu ses offres refusées à plusieurs reprises par différentes communautés, Mgr Rogers tenta une dernière fois d'approcher les Frères Chrétiens de Montréal qui acceptèrent finalement. En 1876, quatre frères déménagèrent de Montréal à Chatham et renommèrent le collège Saint Michael's Commercial College.

Malheureusement, ce nouvel arrangement fut de courte durée, car en février 1878, le collège et la cathédrale adjacente furent la proie des flammes. En 1880, les frères qui s'occupaient du collège depuis quatre ans ont dû repartir à Montréal à cause des problèmes financiers de leur communauté. Quant à lui, Mgr Rogers prit sa retraite de diocèse de Chatham en 1902 et fut remplacé par Mgr Thomas Barry qui a dû à son tour chercher une nouvelle congrégation qui serait prête à s'associer au collège.

En août 1910, les Pères Basiliens ont relancé le collège, cette fois sous le nom de Saint Thomas College, en l'honneur de Saint Thomas d'Aquin. À ses débuts, le nouveau collège accueillait une soixantaine d'étudiants répartis dans les classes de la sixième à la onzième année. Durant sa première année d'existence, le nouveau collège a connu plusieurs nouveautés, telles que la désignation des couleurs du collège et d'un chant, la construction de nouveaux édifices et de salles de classes spécialisées pour certains sujets, comme la chimie, l'apparition de sport comme le hockey et l'arrivée de nouveaux professeurs. Dans les années suivantes, le nombre d'étudiants et le corps professoral n'a cessé d'augmenter. En 1913, on déménagea même le collège dans un nouvel édifice plus spacieux. Malheureusement, en 1919, le collège fut détruit pour la deuxième fois, et il fallut repartir à zéro une autre fois. Le nouveau collège a ouvert ses portes à temps pour la rentrée scolaire de 1920. L'année scolaire 1922-1923 marqua la fin de l'administration des Pères Basiliens au collège Saint Thomas qui, à cause de ses problèmes financiers, ne pouvait pas leur offrir le salaire promis.

Le clergé du diocèse de Chatham décida de prendre lui-même la charge du collège, étant donné les difficultés rencontrées dans le passé avec les communautés religieuses. Le corps professoral fut encore une fois renouvelé à la suite à ces changements majeurs. Le 9 mars 1934, le collège Saint Thomas reçut du gouvernement provincial la permission de décerner des grades. En 1940, le collège permit pour la première fois l'inscription des filles au baccalauréat. Pendant les années suivantes, le collège a continué de jouir d'une augmentation des inscriptions et du développement d'une vie collégiale active. De plus, la réputation du collège ne cessa de s'améliorer. Plusieurs programmes d'étude se sont aussi ajoutés, créant ainsi une nouvelle diversité dans le corps étudiant. Le collège Saint Thomas était devenu une université pleinement développée, tant dans son infrastructure que dans ses programmes d'études.

En 1962, la publication du rapport de la commission d'enquête sur l'éducation supérieur au Nouveau-Brunswick, le Rapport Deutsch, a aussi touché l'université Saint Thomas. Le rapport suggérait le transfert de l'université à Fredericton, où se trouvait déjà l'Université du Nouveau-Brunswick. Les opinions étaient divisées sur le sujet. Certains affirmaient que le déménagement allait nuire à l'université, car ce serait la fin de plusieurs programmes, tels les programmes d'ingénierie et de sciences infirmières et se serait la fin de tout avancement possible pour l'université. De plus, l'université était devenue, au fil des ans, une partie importante de la vie à Chatham.

L'université Saint Thomas fut tout de même déménagée à Fredericton à l'été 1964 et les classes débutèrent en septembre 1964 sur le nouveau campus adjacent à l'Université du Nouveau-Brunswick. Les étudiants débutèrent l'année scolaire sur un campus qui n'était pas complètement terminé; certains édifices étaient encore en pleine construction. Le déménagement a incité quelques changements dans le corps professoral et un renouveau dans la vie collégiale. Plusieurs nouveaux clubs et nouvelles sociétés furent créés ou recréés selon le cas. L'université Saint Thomas mit sur pied une troupe de théâtre, un groupe de musique, un carnaval d'hiver, un cercle littéraire et plusieurs autres clubs et activités parascolaires. De plus, les étudiants de l'université ont maintenant la chance de participer dans plusieurs activités sportives, comme le hockey, le football, le basket-ball et autres.

L'université Saint Thomas est aujourd'hui reconnue pour ses excellents programmes dans les domaines des arts ainsi que de ses programmes en journalisme, en travail social et en éducation. L'université compte aujourd'hui près de 3 000 étudiants et jouit d'une renommée internationale.


Université Mount Allison

L'histoire de l'université Mount Allison repose vraisemblablement sur un ensemble de cuillères d'argent. Vers la fin du 18e siècle, une humble famille de fermiers irlandais recevait son propriétaire foncier à souper. Afin de l'accueillir comme il se devait, la famille lui servit à souper avec ses plus beaux couverts d'argent, qui lui avaient été offerts par un ami. Le propriétaire a alors décrété que la famille devait être en mesure de payer plus d'impôt puisqu'elle était en mesure de se payer de si belles choses. Outrés par les exigences du propriétaire, les Allison décidèrent de quitter l'Irlande et immigrèrent au Canada. Une centaine d'années plus tard, le petit-fils de ce premier Allison arrivé au Canada, Charles Frederick Allison, fonda la Mount Allison University à Sackville, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick. Ces cuillères d'argent sont aujourd'hui exposées dans la bibliothèque principale de l'université.

C'est en juin 1839 qu'Allison proposa à l'Église méthodiste wesleyenne de construire un nouvel établissement d'enseignement de langue anglaise dans la région de Sackville. Allison offrit de construire un édifice qui pourrait abriter les salles de classe et promit de remettre la somme de 100 livres par année pendant les dix années suivantes. L'église accepta son offre et l'ancêtre de l'université Mount Allison fut fondé. Ce n'est qu'en 1843 que la Wesleyan Academy ouvrit ses portes aux premiers étudiants. Neuf années plus tard, les filles furent admises au Ladies College, la branche du collège où pouvaient se faire instruire les jeunes femmes. Il est intéressant de noter que Mount Allison fut la première université de l'Empire britannique à décerner un baccalauréat à une femme. Grace Annie Lockhart reçut un baccalauréat ès sciences en 1875. Ce fut aussi la première université au Canada à décerner un baccalauréat ès arts à une femme.

En 1862, la Wesleyan Academy reçut du gouvernement provincial la permission de décerner des grades aux finissants. Afin de refléter ces changements, l'institution changea son nom à Mount Allison Wesleyan College. Les premiers bacheliers reçurent leur diplôme l'année suivante. En 1886, on changea le nom une nouvelle fois à Mount Allison College. C'est en 1913 que le collège adopta le titre d'université et devint la Mount Allison University. En 1946 et 1953, les autorités administratives ont décidé de fermer le collège des filles et l'académie des garçons, qui étaient restés ouverts durant près d'un siècle et qui étaient des entités distinctes de l'université.

Les étudiants de l'université Mount Allison ont joui durant toutes les années d'existence de l'université d'une vie collégiale très active. Plusieurs activités parascolaires étaient à leur disposition, comme le théâtre, la musique et les sports. Les corps étudiant et professoral ne cessent d'augmenter depuis la fondation en 1839 et l'université jouit aujourd'hui d'une excellente réputation à la grandeur du pays.


Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) a été créé en 1972 par le gouvernement provincial dans le but d'offrir une formation postsecondaire non universitaire à l'ensemble de la population de la province. Le CCNB est un réseau bilingue de onze campus de formation et d'enseignement éparpillés dans les quatre coins de la province. Il existe cinq campus francophones et six campus anglophones.

Le campus de Bathurst, ouvert en 1975, est situé sur les lieux qui ont accueilli dans le passé le Collège du Sacré-Coeur et le Collège de Bathurst. Ce campus offre une formation spécialisée, en français, dans le domaine de la technologie. Le campus d'Edmundston offre la possibilité d'obtenir une formation en français dans deux villes du Nord-Ouest, soit Edmundston et Grand-Sault. Le collège offre une formation technique et professionnelle en génie, sciences agricoles, biotechnologies, tourisme, sciences de la santé, bureautique, informatique et affaires. Le campus de Campbellton offre une formation en santé, en services communautaires, en secrétariat et en bois ouvré. Ce campus est de langue française. Le campus de Dieppe a ouvert ses portes en 1981, suite au Rapport LeBel paru en 1975, qui recommandait l'ouverture d'une école de formation technique dans le sud-est de la province. Ce campus offre une formation dans le domaine de la technologie de l'information, en administration et en commerce, dans les arts appliqués et en communication, en mécanique, en service de protection et en santé. Le campus de la Péninsule acadienne est le plus récent du réseau francophone. Fondé le 1er avril 2000, le collège offre une formation en technologie des affaires et de l'information et dans les métiers de la mer. Le collège a la particularité d'être le seul campus virtuel du CCNB; les cours y sont offerts à distance. Lors de la création du campus, l'École des pêches du Nouveau-Brunswick, fondée en 1959, s'y est joint.

Les collèges anglophones offrent eux aussi une formation dans divers domaines. Le campus de Moncton donne une formation dans les domaines des affaires, de la technologie civile et de l'information ainsi que dans les domaines du travail du métal et de la mécanique. Le campus de Saint Andrews se spécialise dans les domaines de l'hospitalité et du tourisme, de la technologie et des sciences marines. Le campus de Saint John a ouvert ses portes en 1963 comme école technique et offre maintenant une formation dans différents domaines. Le campus de Miramichi offre une formation en affaires, en services communautaires, en arts appliqués, en animation, en gestion des ressources naturelles et en mécanique. Le collège de Woodstock, anciennement le Carleton County Vocational School, ouvert en 1919, offre aujourd'hui des cours dans plusieurs domaines. Finalement, le College of Craft and Design, situé à Fredericton, permet d'obtenir une formation dans un éventail de domaines des arts visuels et des arts appliqués.

Ainsi, chaque campus offre une formation dans un domaine qui lui est particulier et les gens du Nouveau-Brunswick ont la possibilité d'obtenir cette formation dans la langue officielle de leur choix. La plupart des campus du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick ont leur origine dans des collèges de formation technique ou vocationnelle fondés au cours du 20e siècle.

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